• bernardollie

Depuis le 1er confinement (mars 2020), le réseau Bio a suivi une courbe en “montagnes russes“ : up 2020 -down 2021.

On s’attendait à un retour à la normale au T1 2022.

C’était sans compter l’invasion de l’Ukraine le 24 février qui a mis le feu à une inflation rampante par un choc des coûts– de l’énergie pour l’instant.

L’addition est salée, elle a déjà absorbé 2 % du revenu disponible des ménages, soit 744 €

Un choc donc qui présage d’une contraction économique.

Les prévisions 2022 dévissent : PIB Alllemagne chute à + 1.8 % ; France à + 2,7 %.

Le réseau Bio déjà cher “avant-guerre“, décroche. La baisse de 2021 se confirme donc au T1 2022 et présage de baisses à venir, en “poupées russes“.


TENDANCES


L’analyse neutralise la période CoViD.

2 chiffres sont donnés pour 12 familles du réseau Bio.

Le 1er : l’évolution 12 mois à mars 2022 vs mars 2020 (Cumul annuel mobile CAM)

Le 2nd : l’évolution T1 2022 vs T1 2020 (Cumul annuel à date CAD)

> Produits sans EAN : + 10 % (CAM) ; + 2 % (CAD)

> Fruits et légumes emballés : + 13 % ; -22,6 %

> Pâtisserie boul. : - 6,8 % ; - 17,4 %

> Surgelés : + 1 % ; - 16,6 %

> Frais : - 4,5% ; - 17,9 %

> Epicerie sucrée : - 4,6 % ; - 19,6 %

> Ep. salée : - 4,7 % ; - 20,8 %

> Ep. enfants : - 26,0 % ; - 40,8 %

> Liquides : -10,1 % ; -21,5 %

> Hyg. Soin : -23,1 % ; - 33,7 %

> Complts alim. : - 6,8 % ; - 21,6 %

> Entretien : -23,2 % ; - 38,4 %

Le réseau Bio au total est à :

> CAM 2022 : - 0,8 % dont + 2 % al. et – 15,7 % non-al.

> CAD 2022 : - 12,7 % dont -9,9 % al. et – 28,8 % non-al.

… et l’évolution du parc de magasins est à + 20 % en surfaces mars 2022 vs mars 2019.


RÉSISTANCES


La situation est critique mais la logique de la consommation l’explique.

Le réseau Bio est pris dans la crise actuelle des prix et ses prix l’ont pénalisé … sauf dans certains cas comme les surgelés, les alternatives à la viande ou les boissons fermentés.

Les familles en difficulté se voient nettement.

3 à noter : l’épicerie infantile, l’hygiène soin et l’entretien – avec quelques exceptions : les désinfectants en entretien ou les solides en hygiène.

En amont de la tension guerrière sur les prix, une autre attaque se préparait depuis 2 ans.

Elle était concurrentielle et venait de la GMS qui développait une offre identique moins chère.

Double peine.

La réaction tactique du réseau Bio devra passer par une baisse des prix. Les outils existent mais ont toujours été négligés par le réseau : les MDD (30 % + en GMS) ou la promotion (20 % + en GMS) n’y dépassent pas 1 %. Ils servent pourtant à garantir l’accès et la fidélité.

La contre-attaque elle prendra plus de temps car l’attaque n’avait pas été anticipée.

Elle est mullti-dimensionnelle : la justice (le greenwashing) ; la politique (le soutien aux filières) ; la communication (le conseil, expliquer les bénéfices égoïstes de la Bio) ; la vision sociétale (le seul circuit où s’exprime une vision sociétale) … et l’innovation (pour survivre et marger, le réseau doit être un lieu de progrès)


Sources good BioAnalytics INSEE Nielsen IRI