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Le 3 mai dernier, Dr Tedros, DG de l’OMS, déclare : “l’obésité est une pandémie“. De fait, en Europe, 59 % des adultes et 33% des enfants sont en surpoids ou obèses.

Cette pandémie vient de l’industrie alimentaire mondialisée, elle en est le produit dérivé.

Le (réseau) Bio en France a conçu la diététique par réaction à cette dérive mais est-il vraiment le modèle qu’il devrait être ?


LE POIDS DES MAUX


L’obésité est un désastre sanitaire. En France, 13 % des décès lui sont imputés.

Les maladies de l’obèse sont cardiovasculaires, articulaires - 13 cancers corrélés, sans oublier la NASH, 200 K malades en Fr., maladie chronique du foie chez les buveurs de soda sucré.

Double peine, l’obésité est aussi un drame social. Il attaque les classes sociales modestes chez qui le taux d’obésité a doublé en 20 ans à 18 % - alors que les cadres sup. sont quasi stables à 9 % .

L’obésité est un effet de la course à la croissance rentable des majors alimentaires. Les classes moyennes (naissantes dans l’ex Tiers-Monde) ont été leur aubaine : publicité et distribution de masse, transition au sucre, lipides, protéines animales.

Mais le secret de la rentabilité du secteur a été la transformation. L’alimentaire a appliqué la recette de la pétrochimie : extraire les ingrédients, les rendre mobiles et massifiés, re/formuler les aliments à destination.


SAINT BIO OU BIO SAIN ?


En Fr., les magasins Bio ont été les pionniers du manger sain.

L’initiative en revient à HC Geffroy, rescapé de 14-18, soigné aux céréales. Il a propagé son credo dans une revue, 1946, puis dans ses magasins (Vie Claire). Il a été un père du futur réseau Bio, comme Lemaire, 1958 AB, ou Steiner, 1924, pour la Biodynamie.

En réseau Bio, comme en GMS, le degré de transformation est une lecture diététique pertinente : des fruits, céréales et légumes jusqu’aux produits transformés.


À date, la Bio suit 2 options pour les produits transformés.


Option 1, afficher “Bio“ comme caution de santé avec pourtant une qualité id. ou pire qu’en GMS.

Ex. les leaders des glaces en pot.

> GMS 117 cal/100 grs Nutriscore D Novascore 4 (score de transformation www.openfoodfacts.org)

> Réseau Bio 186 cal/100 grs Nutri E Nova 3

C’est une menace pour la réputation de la Bio qui est (était ?) une caution de santé.


Option 2, améliorer le score du conventionnel

Ex. les sauces tomates (à composition et usage id.)

> GMS 102 cal/100 grs Nutri D Nova 3

> Réseau Bio 78 cal/100 grs Nutri B Nova 3 … à noter une croissance à + 48 % 2021 vs 2020


La 2 est la bonne option mais pour être complète, elle doit être accompagnée de mesures : transformation, sucre, lipides, conseils.

Le recul du temps a montré que la radicalité fonctionne, cf. le Venezuela qui avait fait chuter en 2016 les ventes de sodas de - 25 %.

Le PNNS Français en est lui à son 4ème plan en 20 ans; impuissance, l’obésité explose.

Le réseau Bio a un modèle alimentaire à proposer.


Sources good BioAnalytics OMS EHESS Obépi-Roche FoodWatch