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Le 27 mai 2022, Nicolas Neykov, DG Ferrero France (photo) accorde un entretien au “Parisien“ - ou plutôt une communication de crise nouveau genre : l’absolution par la confession en place publique.

Neykov avoue : c’est vrai, des œufs Kinder ont été contaminés à la salmonella typhirium.

C’est vrai, 3 000 tonnes d’oeufs produits par l’usine belge Ferrero ont été rappelées le 5 avril dernier.

C’est vrai, ils ont causé au moins 81 cas de salmonelloses en Fr et 150 en Europe, à date.

C’est vrai, l’âge median des contaminés est de 4 ans, attendez-vous à des gastro-entérites, de la déshydratation et pire, à des septicémies.

Et Neykov de conclure “désolé d’apprendre que certaines personnes ont pu être malades“ - voir www.kinder.com - et propose un bon d’achat de 3 € (sic) ou de discuter dédommagement.


KINDER SURPRISE(S)


Ce que ne dit pas la catharsis mediatique de Neykov, c’est la face cachée de l’agro-alimentaire – que l’on découvre avec une double surprise.

1ère surprise, le manque de contrôle sanitaire effectif dans ces géants de l’agro-alimentaire qui devraient être des modèles d’hygiène. Depuis l’affaire Kinder et un peu avant celle des pizzas Buitoni (épinglée par la DDPP en septembre 2020, 2 morts), les langues se délient. Les syndicats décrivent des conditions d’hygiène laxistes. L’ONG Foodwatch dépose plainte le 19 mai 2022 contre Nestlé et Ferrero.

2nde surprise, le manque de contrôle de l’Etat.

On apprend que les contrôles sont en général auto-administrés, que les inspections de sécurité ont baissé de 30 % depuis 2 ans et que 440 postes de contrôleurs DGCCRF ont été supprimés dans le même temps.

Le résultat, une confiance des consommateurs pulvérisée. Neykov annonce lui-même un - 60 % de confiance en Kinder.


BIO, LOGIQUE


Sur 40 ans, la liste des scandales alimentaires de la grande consommation est longue.

Exemples, le bœuf aux hormones 1980, les œufs au Fipronil 2017, Lactalis 2018 et donc Buitoni 2020 et Kinder 2022. Ces scandales tout comme la peur des pesticides ont institué l’alimentation Bio.

Dans l’affaire Kinder, ce recours a été net.

En avril 2002, dans un réseau Bio en pleine dépression (l’épicerie sucrée est à - 22 % vs avril 2021), les chocolats festifs explosent à + 100 % de croisssance.

Est-ce que le réseau Bio a pour autant “sauvé“ Pâques ?

En partie … ceci dit, la modestie impose de relativiser.

Kinder annonce avoir perdu 45 % de son chiffre d’affaires sur avril 2022, soit env. 10 M €.

Les chocolats festifs en réseau Bio gagnent dans le même temps env. 300 K €. Un rapport de 3 % donc … qui est tout de même le double du rapport de taille moyen entre les CA du réseau Bio et de la GMS.

Une preuve que la Bio est un repère de qualité alimentaire et que le futur du réseau Bio passe par la différenciation : l’offre d’oeufs Bio était en avril 2022 faible en GMS.


Sources good BioAnalytics Ferrero Santé Publique Fr. FoodWatch Pasteur